Vingt alternatives à la punition
Que faire quand votre bébé pleure?

Vingt Alternatives à la Punition

Par Aletha Solter

  • Cherchez les besoins profonds de votre enfant.
    ex.: Donnez des jouets à votre enfant si vous attendez ensemble dans une queue.
  • Donnez de l'information et des explications.
    ex.: Si votre enfant dessine sur le mur, expliquez-lui pourquoi il faut utiliser du papier.
  • Essayez de reconnaître, de permettre, et d'écouter les émotions sous-jacentes.
    ex.: Si votre enfant donne des coups à sa petite sœur, encouragez l'aîné à exprimer sa colère et sa jalousie d'une façon non violente. Il aura peut-être besoin de pleurer ou de faire une crise de colère.
  • Modifiez l'environnement.
    (Ceci est parfois plus facile que de changer l'enfant).
  • ex.: Si votre enfant sort la vaisselle de l'armoire, mettez une serrure.
  • Suggérez une solution alternative qui soit acceptable pour vous.
    ex.: Si vous ne voulez pas que votre enfant construise un château de coussins dans la salle à manger, il ne suffit pas simplement de l'interdire. Dites-lui où c'est permis.
  • Montrez comment il faut se comporter.
    ex.: Si votre enfant tire la queue du chat, montrez-lui comment il faut caresser un chat. Les explications verbales ne suffisent pas.
  • Donnez des choix plutôt que des consignes.
    Les choix aident les enfants à se sentir puissants, tandis que les consignes engendrent souvent des conflits.
    ex.: " Est-ce que tu veux te brosser les dents avant de mettre ton pyjama ou après?"
  • Cédez de temps en temps.
    ex.: "Puisque tu es tellement fatigué ce soir, tu peux te coucher sans te brosser les dents."
  • Préparez votre enfant.
    ex.: Si vous attendez des invités pour le souper, expliquez à votre enfant comment vous voulez qu'il se comporte. Soyez spécifique.
  • Laissez les conséquences naturelles se produire.
    N'essayez pas de sauver votre enfant de toute conséquence désagréable qui résulte de son propre comportement.
    ex.: Un enfant qui laisse traîner par terre son maillot de bain le trouvera encore mouillé le jour suivant.
  • Communiquez vos propres émotions.
    Expliquez à l'enfant l'effet de son comportement sur vous.
    ex.: "J'en ai vraiment marre et, en plus, ça me fatigue de ramasser ces miettes dans le salon chaque jour"
  • Agissez de façon ferme s'il le faut.
    ex.: Si votre enfant veut traverser la rue sans vous attendre, tenez sa main fermement quand vous vous promenez (en lui expliquant les dangers).
  • Prenez votre enfant dans vos bras.
    Un enfant qui agit de façon agressive peut profiter d'une étreinte ferme mais aimante qui lui permettra d'extérioriser ses émotions réprimées par des pleurs libérateurs.
  • Eloignez votre enfant d'une situation conflictuelle et accompagnez-le.
    Ecoutez-le, partagez vos propres émotions, prenez-le dans vos bras, et discutez des solutions possibles.
  • Faites des choses ensemble, et utilisez le jeu pour encourager la coopération.
    ex.:"Faisons semblant d'être les sept nains pendant que nous rangeons cette chambre," "D'abord tu brosses mes dents et puis, après, je brosse les tiennes."
  • Utilisez le rire pour dédramatiser une situation.
    ex.: Si votre enfant se fâche contre vous, suggérez-lui de vous frapper avec des coussins. Faites semblant d'être faible et d'avoir peur, et tombez par terre, vaincu. Le rire l'aidera à dissiper sa colère et ses sentiments d'impuissance.
  • Faites des négociations et essayez de vous mettre d'accord.
    ex.: Si vous devez rentrer à la maison, et que votre enfant veut rester à la place de jeu, mettez-vous d'accord sur le nombre de fois qu'il peut monter sur le toboggan avant de partir.
  • Discutez des conflits avec votre enfant.
    Si un conflit se répète souvent, discutez-en avec votre enfant, expliquez-lui vos propres besoins et sentiments, et invitez-le à vous aider à trouver une solution qui soit acceptable pour tous. Déterminez les règles ensemble. Organisez des conseils de famille.
  • Modifiez vos attentes.
    Les petits enfants ressentent des émotions intenses et des besoins très forts. Ils font souvent du bruit et ils sont naturellement curieux, désordonnés, déterminés, impatients, exigeants, créatifs, distraits, anxieux, égocentriques, et pleins d'énergie. Essayez de les accepter tels qu'ils sont.
  • Prenez un moment pour vous.
    Si vous vous sentez en colère, sortez de la pièce et faites ce qu'il faut pour retrouver votre calme. (ex : téléphonez à un(e) ami(e), pleurez, criez dans un coussin, méditez, prenez une douche, etc.).

Copyright © 1996 par Aletha Solter.

Ce document est reproduit avec l'autorisation de l'Aware Parenting Institute.

Que faire quand votre bébé pleure?

Par Aletha Solter, Ph.D.

Pour plus d'informations au sujet des pleurs, consultez les trois livres d'Aletha Solter: Mon bébé comprend tout (éd. Marabout/Hachette), Comprendre les besoins de votre enfant (éd. Marabout/Hachette) et Pleurs et colères des enfants et des bébés (éd. Jouvence).

Les bébés qui pleurent sont une source d'inquiétude pour beaucoup de parents. Quand votre bébé pleure et que vous ne savez pas pourquoi, cela peut éveiller en vous des sentiments d'anxiété, d'impuissance, de frustration, d'incompétence et même de colère et d'hostilité. Il existe beaucoup de conseils à propos des bébés qui pleurent, mais la plupart ne savent pas expliquer les raisons réelles des pleurs et font des suggestions qui nuisent au développement émotionnel de votre bébé.

Les bébés pleurent pour deux raisons profondes. D'une part, ils essaient de communiquer un besoin ou une gêne. Ils peuvent avoir faim, s'ennuyer, avoir froid ou bien ils ont simplement besoin d'être tenus. Quelquefois, il est difficile de savoir de quoi ils ont besoin. Le rôle des parents ou des soignants est d'essayer de combler les besoins du bébé aussi rapidement et précisément que possible. Les bébés ne peuvent pas être "gâtés". Il est impossible de leur donner trop d'amour, d'attention, de contact physique et d'écoute.

La seconde raison des pleurs durant l'enfance est moins bien comprise. Beaucoup de bébés continuent à pleurer quand tous leurs besoins fondamentaux ont été comblés, et alors même qu'ils sont tenus. Ce genre de pleurs, qui culminent aux alentours de six semaines, ont été nommés "colique". Cela peut durer plusieurs heures par jour. L'explication traditionnelle pour ces pleurs a été centrée sur d'éventuels problèmes physiques tels que des gaz ou des troubles digestifs. Cependant, des recherches ont montré que la plupart des bébés qui ont la "colique" ne présentent rien d'anormal au niveau de leur digestion et sont la plupart du temps en excellente santé. Il est donc nécessaire de prendre en considération de possibles raisons émotionnelles qui provoquent les pleurs.

Les bébés sont extrêmement vulnérables et ont une quantité considérable de souffrances émotionnelles qui résultent d'une accumulation d'expériences stressantes. Une détresse peut être due à une naissance traumatisante ou à des difficultés après la naissance. Les bébés font l'expérience de la confusion alors qu'ils essaient de comprendre le monde et ils sont facilement effrayés ou sur-stimulés. De plus, ils éprouvent des frustrations lorsqu'ils s'efforcent de développer de nouvelles capacités et tentent de communiquer. Tout cela provoque un désordre émotionnel qui est enregistré dans le corps.

Heureusement, les bébés naissent avec cette capacité naturelle de guérison que sont les pleurs, qui leur permettent de surmonter les effets du stress. Des recherches ont montré que les gens de tous âges tirent bénéfice d'une bonne crise de larmes et que les larmes aident à restaurer l'équilibre chimique du corps après un stress. Un nouveau-né, qui a été isolé dans une couveuse sans contact humain pendant plusieurs jours, peut avoir besoin de pleurer et d'exprimer sa rage pendant des heures, durant plusieurs mois, dans le but de soulager la souffrance émotionnelle causée par cette expérience tellement effrayante et déconcertante. Un enfant de trois mois peut avoir besoin de pleurer longuement après une réunion de famille pendant laquelle il a été tenu par de nombreuses personnes qui ne lui sont pas familières. Un enfant de six mois qui a essayé d'avancer en rampant toute la journée et qui n'a réussi qu'à reculer, peut avoir besoin, à la fin de la journée, d'exprimer ses frustrations en pleurant de rage avant de pouvoir s'endormir tranquillement. Dans ces exemples, ce n'est pas le fait de pleurer qui blesse, car la blessure a déjà été causée. Pleurer, c'est le processus par lequel le bébé se guérit de ses blessures.

Que peuvent faire les parents? D'abord, il est important de veiller aux besoins ou aux gênes du moment, tels que la faim ou le froid. Mais si votre bébé ressent toujours une gêne, alors que vous avez satisfait ses besoins fondamentaux, il est tout à fait approprié de le tenir avec amour et de lui permettre de continuer à pleurer. Les bébés ont besoin de proximité et d'attention quand ils pleurent. Jamais un bébé ne devrait être laissé seul quand il pleure. Même si vous vous sentez inutile en tenant votre bébé quand il pleure, sachez qu'en réalité vous lui apportez le soutien émotionnel dont il a tant besoin quand il soulage son stress de cette manière. Votre bébé ne vous rejette pas quand il pleure. Au contraire, il se sent suffisamment en sécurité pour vous montrer ce qu'il ressent, exactement comme si vous-même éclatiez en sanglots alors qu'un ami sincère posait son bras sur vous et reconnaissait que vous avez eu une journée difficile. Les parents qui tiennent leurs bébés et qui leur permettent de s'exprimer de cette manière remarquent généralement que leurs bébés sont détendus et satisfaits après la période de larmes, et qu'ils dorment mieux pendant la nuit.

Pourquoi est-il si difficile de tenir un bébé qui pleure et d'accepter les pleurs? Probablement parce que peu de gens ont eu le droit de pleurer autant qu'il leur aurait été utile lorsqu'ils étaient petits. Vos parents ont peut-être essayé d'arrêter vos pleurs quand vous étiez bébé. Peut-être vous ont-ils donné une tétine, ou vous ont-ils nourri, bercé ou balancé chaque fois que vous pleuriez, en pensant que c'était ce dont vous aviez besoin à ce moment-là. Peut-être ont-ils essayé de vous distraire avec des jouets, de la musique ou des jeux alors que tout ce que vous désiriez était leur entière attention et leur amour pour pouvoir continuer à pleurer. Ils peuvent avoir demandé au médecin des sédatifs pour vous calmer, ou vous avoir laissé pleurer seul, en pensant qu'il n'y avait rien d'autre à faire. Peut-être même vous ont-ils frappé ou ont-ils hurlé parce qu'ils étaient emplis de frustration et de désespoir. Quand vous étiez un peu plus grand, peut-être avez-vous connu encore des distractions ou des punitions de la part de vos parents ou de vos maîtres lorsque vos tentatives pour vous soulager de vos sentiments par vos larmes les ont irrités.

Vos parents ne sont pas à blâmer, parce qu'ils manquaient d'informations quant à l'importance des larmes. Cependant, à cause de ce conditionnement de votre enfance, vous pouvez trouver pénible de reconnaître ce besoin chez vos enfants et vous pouvez vous sentir poussé à arrêter leurs larmes par des moyens similaires à ceux qu'utilisaient vos parents. Il faut du temps pour se défaire du conditionnement de toute une vie. Peut-être avez-vous besoin vous-même d'une bonne crise de larmes. Mon conseil est de vous autoriser cette libération. Si vous pouvez trouver quelqu'un pour vous écouter, cela sera d'autant mieux. Vous vous sentirez beaucoup mieux ensuite et les pleurs de votre bébé vous sembleront un peu plus acceptables. Si vous êtes frustré et épuisé parce que votre bébé pleure beaucoup, vous méritez alors toute l'aide et tout le soutien que vous pourrez trouver.

Note: Ce conseil ne doit pas être utilisé comme un substitut à un avis ou à un traitement médical. Si vous suspectez une maladie ou une douleur physique, consultez un médecin sans hésitation.

Copyright © 1996 by Aletha Solter

Ce document est reproduit avec l'autorisation de l'Aware Parenting Institute.


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